Plus complet, plus précis et davantage tourné vers la décarbonation : le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évolue à nouveau à compter du 1er janvier 2027.
L’objectif ? Ne plus seulement attribuer une lettre à un logement, mais donner une vision plus complète de son fonctionnement énergétique, de ses équipements et de sa capacité à produire une partie de l’énergie qu’il consomme.
L’arrêté du 11 juin 2026, publié au Journal officiel le 13 août 2026, adapte en effet le DPE français à plusieurs exigences issues de la directive européenne du 24 avril 2024 sur la performance énergétique des bâtiments.
1. Le DPE donnera davantage d’informations sur les énergies renouvelables
C’est l’une des évolutions importantes du nouveau DPE.
À partir du 1er janvier 2027, le diagnostic devra préciser la quantité totale d’énergie renouvelable produite sur place, mais également sa répartition selon les différentes sources d’énergie.
Il indiquera notamment :
- la production totale d’énergie renouvelable sur site, exprimée en kWh ;
- le détail de cette production selon les sources utilisées ;
- la part que représente cette production par rapport à la consommation totale d’énergie finale ;
- la principale source ou le principal vecteur énergétique du logement ou du bâtiment.
Autrement dit, le DPE ne regardera plus seulement ce que consomme le bâtiment, mais davantage comment il produit et utilise son énergie.
Pour les copropriétés, cette évolution est particulièrement intéressante : panneaux photovoltaïques, pompe à chaleur, géothermie, réseau de chaleur efficace ou encore chauffage au bois pourront ainsi apparaître de manière plus lisible dans l’analyse énergétique du bâtiment.
Un exemple concret
Prenons une copropriété équipée de panneaux photovoltaïques.
Aujourd’hui, le propriétaire regarde principalement la classe énergétique de son logement.
Demain, le DPE permettra également de mieux identifier la quantité d’énergie renouvelable produite par le bâtiment et la part qu’elle représente dans sa consommation.
Pour un appartement situé dans un immeuble collectif, la production renouvelable du bâtiment sera répartie au prorata de la surface de référence du logement.
2. Le DPE s’intéressera aussi à l’âge des équipements
Autre nouveauté très concrète : le DPE devra comporter une évaluation de la durée de vie restante du système de chauffage et, le cas échéant, du système de climatisation.
C’est une information particulièrement utile.
Un logement peut disposer aujourd’hui d’un équipement performant… mais dont le remplacement devra être envisagé dans quelques années.
Cette indication permettra donc aux propriétaires et aux copropriétés de mieux anticiper :
entretien → remplacement → programmation des travaux → financement.
Le DPE devient ainsi progressivement non seulement un outil de constat, mais aussi un outil d’aide à la décision patrimoniale.
3. Une nouvelle mention apparaît : « A0 »
Nous connaissons tous les fameuses lettres du DPE, de A à G.
À partir de 2027, une nouvelle mention fera son apparition : A0, pour certains bâtiments considérés comme étant à émissions nulles.
Attention toutefois : il ne faut pas comprendre A0 comme une simple nouvelle classe qui viendrait se placer « au-dessus du A ».
Il s’agit d’une mention particulière, issue de la réglementation européenne.
Pour un DPE établi selon la méthode 3CL-DPE 2021, le bâtiment ou logement devra notamment être classé A ou B et utiliser exclusivement certaines catégories d’énergie : énergies renouvelables produites sur site ou à proximité, électricité ou énergie provenant d’un réseau de chaleur ou de froid efficace. Il ne devra pas disposer d’installation de chauffage ou de production d’eau chaude susceptible d’utiliser des énergies fossiles sur site ou à proximité.
Cette évolution accompagne l’objectif européen de développement progressif des bâtiments à émissions nulles.
4. Ventilation, aération, étanchéité : le DPE devient plus précis
C’est un point plus technique, mais particulièrement intéressant lorsqu’il faut déterminer où agir pour améliorer un bâtiment.
Le nouveau DPE distinguera davantage les déperditions liées :
- au système de ventilation ;
- à l’aération et aux défauts d’étanchéité à l’air.
Jusqu’ici regroupées dans le calcul des déperditions par renouvellement d’air, ces composantes seront désormais distinguées.
Pourquoi est-ce important ?
Parce qu’un bâtiment peut perdre de l’énergie pour des raisons très différentes.
Une ventilation mal adaptée et des infiltrations d’air parasites ne nécessitent évidemment pas les mêmes travaux.
Cette distinction devrait donc permettre une lecture plus fine des performances du bâtiment et faciliter la priorisation des interventions.
5. Le DPE regardera aussi la « flexibilité énergétique »
Le terme paraît technique. L’idée est pourtant assez simple.
Un bâtiment performant demain ne devra pas seulement consommer moins : il devra également être capable, dans certaines situations, d’adapter sa consommation aux contraintes et besoins du système énergétique.
Le nouveau DPE renseignera notamment, pour les bâtiments neufs concernés, leur capacité à réagir à des signaux externes et à adapter leur consommation afin de contribuer à la flexibilité du système électrique.
Il précisera également, lorsque cela est pertinent, si le système de chauffage peut fonctionner à basse température ou dans des conditions permettant une meilleure efficacité énergétique.
6. Est-ce que tous les DPE existants devront être refaits au 1er janvier 2027 ?
C’est probablement la première question que se poseront de nombreux propriétaires.
Le texte fixe les nouvelles règles applicables aux DPE à compter du 1er janvier 2027 ; il ne prévoit pas, à lui seul, une obligation générale de refaire tous les DPE existants à cette date.
Il faut donc bien distinguer l’évolution du contenu et de la méthode du DPE de sa durée de validité et des situations dans lesquelles un nouveau diagnostic doit être réalisé.
Ce qu’il faut retenir
À partir du 1er janvier 2027, le DPE franchira donc une nouvelle étape.
Il ne répondra plus seulement à la question :
« Combien ce logement consomme-t-il ? »
Il cherchera davantage à répondre à plusieurs questions :
Comment consomme-t-il ?
Quelle énergie produit-il ?
Quels sont ses équipements ?
Combien de temps pourront-ils encore fonctionner ?
Où se situent certaines déperditions ?
Et comment le bâtiment peut-il évoluer vers un modèle énergétique moins carboné ?
C’est une évolution importante pour les propriétaires, mais aussi pour les copropriétés.
Car derrière une lettre de DPE se cachent désormais de plus en plus de données permettant d’anticiper les travaux, de programmer les investissements et de préserver la valeur du patrimoine immobilier.
Chez HEMON CAMUS Immobilier, nous suivons ces évolutions réglementaires afin d’accompagner copropriétaires, conseils syndicaux et bailleurs dans la compréhension des nouvelles obligations et, surtout, dans leur traduction concrète pour les immeubles que nous gérons.
Parce qu’en matière de performance énergétique, le bon diagnostic n’est pas une fin en soi : c’est surtout le point de départ des bonnes décisions.
Sources
- Arrêté du 11 juin 2026 portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne sur le diagnostic de performance énergétique, publié au JORF du 13 août 2026.
- Service-Public.fr, « Diagnostic immobilier : diagnostic de performance énergétique (DPE) », mise à jour relative aux évolutions applicables au 1er janvier 2027.
- Directive (UE) 2024/1275 du Parlement européen et du Conseil du 24 avril 2024, visée par l’arrêté du 11 juin 2026.